Texte rédigé pour l'«Alphabet des communes vaudoises», FAO Vaud no 55, 9 juillet 2013, par Stéphane Raymondaz, syndic de Rovray:
Si la Commune de Rovray a aujourd’hui une superficie de 321 hectares, c’est suite à la fusion qui s’est faite en 2005 avec la Commune d’Arrissoules. Cette «micro» fusion a permis de réunir deux petits villages, mais a surtout fait référence et a été reprise en exemple pour d’autres fusions nettement plus importantes. La Commune de Rovray s’étend de la frontière fribourgeoise au nord, au lieu dit «Les Grands Champs» jusqu’au ruisseau des Vaux, vallon situé à son extrême sud, à la frontière de Molondin. Tout à l’est, depuis le bois des «Râpes», elle tutoie sa voisine Chavannes-le-Chêne où elle trouve son point culminant, situé à 692m d’altitude. Finalement, elle surplombe le lac de Neuchâtel, du côté d’Yvonand, au-dessus des Roches de la Baume à l’ouest.
Au 30 juin 2013, la Commune de Rovray comptait 154 habitants répartis à raison de 107 à Rovray et 47 à Arrissoules. Il y a 74 femmes et 80 hommes. L’habitante la plus âgée a 93 ans alors que le plus jeune est née en mai dernier. L’avenir de la commune semble assuré puisque nous comptons 29 habitants de moins de 18 ans. Depuis 2010, l’intégralité de la scolarité se fait à Yvonand.
Le territoire est occupé à raison de 75% par des surfaces agricoles et 21% de forêts. Le solde soit 4% est destiné à l’habitation et aux infrastructures. L’agriculture a encore une grande place dans la commune puisque Rovray compte neuf exploitations agricoles dont sept produisent du lait.
Rovray est un site très intéressant pour les balades à pied ou en vélo. Pour les marcheurs, le site du ruisseau des Vaux offre de très belles randonnées et de superbes images en souvenir. Pour les cyclistes c’est plutôt le long des côtes d’Arrissoules et de Rovray qu’ils vont transpirer. Ces côtes sont très appréciées non seulement par les amateurs, mais également par les cyclistes professionnels de la région.
Le four banal de la commune a la particularité d’avoir deux foyers. Il a été restauré en 1980 par la jeunesse et des habitants du village. Le toit de cette bâtisse a été refait l’année dernière. Il est mis en activité une fois par année par la société de jeunesse qui organise sa traditionnelle fête du pain qui vient de se dérouler (21 au 23 juin).
Jusqu’à la fin de la législature, la Municipalité a encore quelques projets en cours. Le prochain est la réfection de l’ancien Pressoir. Ce bâtiment abritant notamment le local des pompiers et le local de la jeunesse n’a jamais fait l’objet de travaux. Son rafraîchissement améliorera sensiblement l’image qu’il donne aux promeneurs traversant le village. Profitant de cette réfection, la commune va poser des panneaux solaires photovoltaïques, ce qui lui permettra de participer à la production d’énergie renouvelable.
Comme déjà mentionné, en 2005, la Commune de Rovray a fusionné avec celle d’Arrissoules. Faut-il s’arrêter là ou faut-il repartir dans un nouveau processus? Cette question a été posée à la population. Les réponses reçues ont été mitigées puisque la moitié des réponses était favorable et l’autre moitié défavorable. A la vue de ce résultat, la Municipalité a pris la décision de ne pas se lancer dans un nouveau processus de fusion, mais de rester attentive à ce qui se passe dans les communes des alentours.
L’équipe municipale précédente avait pris une initiative très intéressante. En se basant sur la maxime «pour savoir dans quelle direction aller, il faut se souvenir d’où on vient» elle avait réuni toutes les personnes de la commune nées avant 1935. Les anecdotes racontées par ces personnes ont été enregistrées sur un DVD. Cela permet de conserver d’excellents souvenirs et de montrer à notre jeunesse quelle était la vie de nos «anciens».
Il fait bon vivre à Rovray. Preuve en est, les divers projets de constructions réalisés ces dernières années ou en cours de réalisation. Il s’agit principalement de logements destinés à des «enfants» du village qui quittent la maison familiale ou à d’autres qui reviennent. Il faut espérer que nos autorités cantonales acceptent cela et qu’elles ne mettent pas trop les bâtons dans les roues au profit de cités plus grandes et bénéficiant de transports publics réguliers…
Texte rédigé pour l'«Alphabet des communes vaudoises», FAO Vaud no 26, 30 mars 2001, par Anne-Lise Shala, alors syndique d'Arrissoules:
Au XIVe et XVe siècles, le territoire d'Arrissoules dépendait de la seigneurerie de Saint-Martin Du Chêne dont le blason était palé d'azur et d'or. Cette partition a été reprise comme champ des armoiries communales adoptées en 1925. Le tilleul rappelle un arbre ornant le village. Son image figurait déjà sur la médaille frappée pour les mobilisés en 1919. Afin que cet emblème demeure significatif pour les générations futures, un tilleul fut replanté au milieu du village en 1998, lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution vaudoise.
L'étimologie du nom est difficile à établir. Les recherches les plus récentes abandonnent l'hypothèse d'un dérivé des patronymes Aristius ou Arectius et privilégient la formation par contamination des mots des familles d'«arare», labourer et d'«essarter», déboiser. Cette thèse est étayée par l'origine du village: une implantation rurale formée de quelques bâtiments agricoles et gagnée par défrichement sur les vastes forêts de chênes et de châtaigniers qui recouvraient jadis la falaise molassique dominant la rive sud du lac de Neuchâtel.
La grange d'Arrissoules était possession du couvent d'Hauterive, comme le confirment une carte de Guy de Merle, évêque de Lausanne, datant du 21 mars 1142, et une bulle du pape Eugène III en 1146. A la fin du Moyen Age, elle était le fief des seigneurs de Saint-Martin Du Chêne. En 1474, les habitants d'Arrissoules, Rovray, Chavannes, Molondin et Du Pâquier contribuèrent aux réparations du château de Saint-Martin, avant les guerres de Bourgogne.
Le nombre d'habitants qui était de 41 en 1776, oscilla entre 50 et 80 durant le XIXe siècle, chuta à 24 en 1983 pour arriver finalement autour de la quarantaine ces dernières années. Les effets de yo-yo de la courbe démographique sont dus à la forte incidence que chaque départ et arrivées exerce sur un nombre très restreint et à la mobilité croissante de la population. En effet, seules trois familles exercent encore, et même que partiellement, leur activité lucrative au village, soit deux exploitations agricoles et un atelier de menuiserie. La plupart des personnes actives sont des pendulaires. Les locataires ont aussi augmenté par rapport aux rédidents propriétaires, souvent issus des anciennes familles.
Arrissoules possède un collège centenaire, reconstruit après l'incendie qui dévasta la moitié du village le 6 février 1883. Dès 1936, il fut fermé par manque d'effectif et les enfants suivirent leur scolarité à Rovray et Yvonand. En 2000, Arrissoules et les communes voisines élaborèrent une convention intercommunale qui régit l'établissement scolaire d'Yvonand et environs.
En 1994, la commune adhéra au réseau intercantonal de distribution d'eau potable ARRIBRU. A ce jour, elle en dépend totalement, le percement du tunnel autoroutier de la N1 ayant provoqué le tarissement complet des sources communales et privées. Leur hypothétique réalimentation après les travaux d'étanchéité du tunnel constitue l'un des soucis majeurs de la Municipalité.
Depuis 1995, les eaux usées récoltées en séparatif sont traitées par une petite STEP qui n'épure ni le problème de valorisation des boues ni le problème de son financement...
En raison de l'éxiguïté de son territoire, écartelé entre zones de sources, zones agricoles et zones d'habitation, les possiblités de développement sont limitées et les nouvelles constructions fort rares. A cela s'ajoute qu'Arrissoules se trouve à l'écart des voies de communication importantes et peu desservie par les transports publics, désavantages que la politique budgétaire cantonale tend à agraver. En revanche, elle offre un cadre de vie harmonieux dans un paysage contrasté propice aux balades, avec vue sur le lac de Neuchâtel et le Jura, à ceux qui apprécient la campagne, le calme, la nature et préfèrent les contacts personnels à l'anonymat des cités.
La Commune d'Arrissoules semble être à un tournant de son histoire. A l'heure où les idées de fusion et d'entité à plus grande échelle germent dans les esprits mais peinent à trouver un terreau fertile et fructifiant dans la pratique, alors que l'on écartèle les municipaux, «miliciens bénévoles» entre obligations et responsabilités, quel chemin prendre pour une communauté de 37 habitants ? A la veille de l'inauguration de l'ultime tronçon de la N1, autoroute dite transeuropéenne, ne restera-t-il pas de la Commune d'Arrissoules qu'un lieu-dit dont le nom sera vaguement lu par des automobilistes de tous pays qui pénétreront dans le tunnel «Des Arrissoules», mais qui n'en verront sûrement que le sous-sol? La Municipalité ne saurait en aucun cas répondre seule à ces questions, sans l'engagement, le soutien et la volonté de nos concitoyens qui ont choisi d'y vivre.
Texte rédigé pour l'Alphabet des communes vaudoises, Feuille des avis officiels, vendredi 10 mars 2000, par André Gallandat, alors Syndic de Rovray:
Je ne sais si les temps changent, mais je remarque que notre environnement se modifie. Rovray, village de 91 habitants du Nord Vaudois, autrefois à l'écart de toute voie de communication peut aujourd'hui être situé par rapport à la voie routière suisse N1, plus précisément sur la droite de l'entrée du tunnel des Arrissoules en direction de Payerne-Zurich, ou sur la gauche de la sortie de ce même tunnel en direction d'Yverdon-les-Bains-Genève.
Mais Rovray a été là bien avant l'autoroute, le manque d'archives nous permet même de supposer que Rovray a toujours existé!
Bâti dans une région recouverte de chênes, ceux-ci sont à l'origine des armoiries de la commune, adoptées en 1928: D'azur semé de glands d'argent, au cerf élancé d'or. Quant au cerf, il est l'attribut de saint Blaise, patron de la première chapelle de Rovray, fondée en 1448. Au XVIe siècle, notre commune fait partie de la seigneurerie de Saint-Martin, tandis que sous l'occupation bernoise elle est rattachée au baillage d'Yverdon.
La construction de la N1, qui s'achèvera au printemps 2001, est l'un des événements qui va sans doute marquer l'histoire de notre commune. Bien que d'une relative faible emprise territoriale, l'autoroute a modifié le paysage de la partie nord-ouest de notre commune, créant une barrière visuelle artificielle non dénuée d'une certaine beauté. Le chantier de la N1 a surtout été source, non pas de soucis, les rapports aussi bien avec les services de l'Etat qu'avec les entreprises concernées ont toujours été excellents, mais de rentrées fiscales bienvenues. La majorité des employés qui ont travaillé au gros oeuvre de la réalisation des tunnels des Arrissoules ont élu domicile à Rovray et y ont payé leurs impôts.
Cette manne financière n'est pas étrangère au fait qu'en juillet 1997, la Municipalité a obtempéré aux souhaits pressants des services de l'Etat, et a présenté au Conseil général un projet de construction d'une station d'épuration avec mise en séparatif des collecteurs d'eaux usées. Cette réalisation a permis l'inauguration de notre STEP le 5 juin 1998 et, avec elle, la dernière commune du canton donnait ainsi satisfaction aux exigences tant fédérales que cantonales en matière de protection des eaux.
L'ouverture de la déchetterie communale à fin 1999, la dissolution la même année du Syndicat AF créé en 1980 pour l'exécution des travaux d'équipement après réunion parcellaire ou encore, l'adhésion de notre commune en 1994 à l'ARRIBRU (Association intercommunale et intercantonale d'adduction en eau potable de la région des tunnels des Arrissoules et des Bruyères) sont quelques-unes des priorités traitées par la Municipalité.
La majorité des habitants de Rovray tirent leur revenu de l'agriculture, alors que les autres travaillent dans les entreprises de la région. Les enfants en âge de scolarité se rendent à Yvonand pour suivre leur classe commune qui fait partie du Groupement scolaire d'Yvonand et environs. Passée la scolarité obligatoire, c'est le plus souvent à Yverdon-les-Bains que se rendent nos jeunes pour poursuivre leur formation.
Mais Rovray c'est aussi le village natal d'Alice Rivaz. En effet, au début de ce siècle est née à Rovray Alice Golay, fille de l'instituteur et plus tard politicien socialiste vaudois Paul Golay, qui a pris pour nom d'écrivain celui d'Alice Rivaz. L'association "Alice Rivaz" dont les buts sont de favoriser l'étude de la vie et de l'oeuvre d'Alice Rivaz et de participer à son rayonnement, se propose, à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain en 2001, d'apposer une plaque commémorative sur sa maison natale à Rovray.
Concrétiser la fusion du corps des sapeurs-pompiers avec ceux voisins d'Arrissoules et de Chavannes-le-Chêne, procéder à des travaux de réfection et de modernisation de notre réseau de distribution d'eau potable ou encore clore le dossier du plan général d'affectation, voici dans les grandes lignes les futures préoccupations de la Municipalité.
Rovray, petit village n'ayant plus ni restaurant ni bureau postal a-t-il encore un avenir en tant qu'entité politique? Sans hésitation, la réponse est oui. Avec une population en légère augmentation et l'apparition aussi bien de nouvelles constructions que de transformations de bâtiments existants, les autorités communales voient l'avenir avec confiance et se réjouissent de participer, dans un esprit de coopération active, avec les communes voisines, grandes ou petites, au maintien et au développement de l'une des plus petites cellules politiques de notre canton.
«Extraits de divers documents», 1996, tirés du livre «Pays de Vaud - entre plume et pinceau»:
Arrissoules, situé au sud-est d'Yvonand, domine de 200 mètres la rive orientale du lac de Neuchâtel. Du village, on jouit d'une vue splendide sur le lac et le Jura.Le village doit son origine à une propriété rurale (grange) qui dépendait du couvent de Hauterive. Il fit partie au moyen âge de la seigneurerie de Saint-Martin du Chêne, et ses habitants contribuèrent aux réparations du château avant les Guerres de Bourgogne.Arrissoules possède un collège qui fut reconstruit après l'incendie qui dévasta une partie du village le 6 février 1883. Il fut fermé en 1936, faute d'effectif. En raison de l'exiguité du territoire communal, les agriculteurs cultivent des terres sur Yvonand, Cheyres et Murist.Malgré un budget fortement grevé par les dépenses scolaires et l'épuration des eaux, les autorités et la population ont confiance dans l'avenir, et souhaitent pour notre charmant village un esprit fraternel.
«Poème de Rémy Pasche, alors citoyen de Rovray, 1996, tirés du livre «Pays de Vaud - entre plume et pinceau»:
O toi, promeneur
Qui bats la campagne,
Prends une petite heure
Et nous accompagne
Au Mont du Signal.
Des Alpes au Jura
Tu verras sans mal,
Quand tu le voudras,
Un beau paysage.
A tes pieds les toits
De notre village,
Comme tu les vois,
Tous bien alignés,
T'invitent à descendrePour le visiter.
Pour des forces prendre.
Notre four banal
T'offre son bon pain.
Ôte tes sandales
Au bord du chemin,
Puis dans notre église,
Sur le vieux banc poutre,
Revois ton assise
Et vide ton outre.
Ainsi de Rovray
Tu te souviendras
D'une vie simple et vraie
Et tu reviendras.