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La fusion de Rovray et Arrissoules

Naissance d'une nouvelle commune

Fruit de l'union des Communes d'Arrissoules et de Rovray, la dernière-née des communes vaudoises a vu le jour le 1er janvier 2005. Sa petite taille, et le fait qu'elle était la réponse à un problème concret, a probablement contribué à une naissance naturelle et sans histoire. Après les hésitations de ses premiers pas et quelques balbutiements liés à son jeune âge, elle aborde son avenir avec sérénité et enthousiasme.

Rovray hier

Aux XVIe et XVIIe siècles, les territoires des Communes d'Arrissoules et de Rovray faisaient partie de la seigneurerie de Saint-Martin-du-Chêne. L'une des premières collaborations entre les deux communes remonte à 1754, lorsqu'Arrissoules a assuré le tiers du coût de la construction de l'église de Rovray, puis a participé à son entretien jusqu'en 1956.

Jusqu'en 1832, les habitants d'Arrissoules étaient enterrés dans le cimetière de Rovray.

En 1938, les jeunes de nos deux communes fondent la Société de Jeunesse Rovray-Arrissoules.

Depuis 1945, tous les élèves d'Arrissoules suivent leur scolarité à Rovray, moyennant le paiement d'une taxe d'écolage de Fr. 150.- par élève, puis ensuite à Yvonand.

Cette même année, la municipalité de Rovray sollicitait l'appui des autorités d'Arrissoules afin d'établir une demande pour l'ouverture d'un débit de sel commun à Rovray.

En 1953 et en 1980, des syndicats d'amélioration foncière communs aux deux communes ont été constitués.

En 1998, une seule et même secrétaire-boursière est engagée par les deux communes.

En 2001, un bureau communal commun est créé à Rovray.

Rovray aujourd'hui

D'une superficie de 321 hectares, notre commune d'étend de la frontière fribourgeoise au nord, au lieu dit "Les Grands Champs", jusqu'au bord du ruisseau des Vaux, vallon situé à son extrême sud, à la frontière de Molondin. Tout à l'est, depuis le bois des "Râpes", elle tutoie sa voisine Chavannes-le-Chêne où elle trouve son point culminant, situé à 692m d'altitude. Finalement elle surplombe le lac de Neuchâtel, du côté d'Yvonand, au dessus des Roches de la Baume à l'ouest.

L'agriculture occupe le 75% de sa surface, alors que 21% sont recouverts de forêts. Les habitations et infrastructures couvrent le territoire restant. Bien que la conjoncture soit difficile, nous comptons encore la présence d'une dizaine d'exploitations agricoles qui lui assurent son caractère rural.

Un équilibre presque parfait règne parmi les 136 habitants que compte la commune, puisqu'elle est composée de 70 femmes et de 66 hommes. Il est intéressant de relever qu'il y a tout juste un siècle, nos deux villages rassemblaient 234 âmes (76 à Arrissoules et 158 à Rovray).

L'avenir de notre nouvelle entité semble néanmoins assuré, car nous pouvons compter sur 24 enfants de moins de 16 ans, dont une vingtaine d'écoliers qui se déplacent quotidiennement à Yvonand ou à Yverdon.

La société de Jeunesse, fondée en 1938, affiche un sourire de circonstance: on y dénombre 18 membres enthousiastes, qui chaque été organisent la traditionnelle Fête du pain. Occasion de mettre en service le four banal communal que les ménages de Rovray ont cessé d'utiliser au début des années cinquante.

Les citoyens actifs représentent un peu plus de 62% de la population, dont les trois-quarts se déplacent et travaillent à l'extérieur. Parmi eux, une dizaine de personnes de nationalité étrangère enrichissent et complètent notre communauté.

Notre doyen, Emile, a fêté ses 90 printemps en avril dernier, tandis que la cadette Kim est arrivée parmi nous le 30? janvier de cette année. Avec une moyenne d'âge située aux alentours de 40 ans, notre nouvelle commune affiche une vitalité et une force qui lui permettront de faire face aux défis de demain.

Rovray demain

Les infrastructures communales telles que stations d'épuration, réseaux d'eau, déchetteries, ayant été réalisées, ou réservées, ou rénovées dans un passé récent, la Municipalité n'a pas à prévoir de grands chantiers dans les années à venir. Cependant, comme tout propriétaire de bâtiments et de voies de communications, elle planifie pour la prochaine législature les investissements nécessaires à leurs entretiens.

D'une part, elle se réjouit de collaborer très prochainement avec la société Cosvegaz à la réalisation d'un réseau de distribution de gaz naturel qui desservira l'entier de la commune, ce qui apportera l'avantage d'un choix énergétique supplémentaire à ses habitants.

Pour autant que le plan directeur cantonal de l'aménagement du territoire l'admette pour les communes rurales telles que la nôtre, un développement raisonnable, harmonieux et en lien avec les besoins existants et à venir, est prévu pour le futur.

A l'image de ses habitants, ouverts aux évolutions utiles et profitables à toutes et à tous, mais réfractaires aux changements dont le seul mérite est d'être à la mode, la municipalité de Rovray envisage l'avenir avec confiance et reste fidèle au principe qui l'a guidée jusqu'à ce jour: assurer le bien-être des citoyens de ses deux villages.

Texte rédigé pour l'«Alphabet des communes vaudoises», FAO Vaud no 19, 7 mars 2006, par André Gallandat, alors syndic de Rovray.